L’obligation de la facture électronique approche, et si le principe paraît simple sur le papier, la réalité est souvent un peu plus complexe.
Par où commencer ? Faut-il adapter votre CMS, revoir votre ERP, choisir une PDP (plateformes de dématérialisation partenaires) ou repenser vos flux de données ? Et surtout, comment éviter de transformer cette mise en conformité en chantier lourd, coûteux et mal anticipé ?
Bonne nouvelle ! Vous êtes au bon endroit.
Ce que veut la loi, en 3 points
La réforme de la facture électronique obligatoire repose sur 3 règles simples à avoir en tête.
1. Émettre et recevoir des factures dans un format spécifique
Il ne suffira plus d’envoyer un PDF. Les factures devront être émises et reçues dans un format structuré spécifique (comme Factur-X, UBL ou CII), lisible automatiquement par les systèmes d’analyse.
2. Factures B2B (e-invoicing)
Vos factures B2B passent obligatoirement par une Plateforme Agréée (PA). Toutes vos factures transiteront soit par le PPF (Portail Public de Facturation), soit par une PDP agréée, qui joue le rôle d’intermédiaire pour envoyer, recevoir et transmettre les données à l’administration.
3. Factures B2C et internationales (e-reporting)
Toutes les opérations ne passent pas par la facture électronique, notamment le B2C ou l’international. Dans ces cas, il faudra quand même transmettre certaines données clés (montant, TVA, date d’encaissement) via le e-reporting.
La conformité ne se résume donc pas à juste envoyer des factures numériques, mais à organiser correctement l’ensemble de ses flux de données.
Calendrier : les dates qui concernent votre e-commerce
Voici les étapes clés à retenir pour la facture électronique.
1er septembre 2026 : Toutes les entreprises devront recevoir des factures électroniques, passer par une plateforme agréée (PDP ou solution compatible) et transmettre leurs données de e-reporting. Les grandes entreprises et ETI devront aussi émettre leurs factures électroniquement.
1er septembre 2027 : Émission des factures obligatoire pour toutes les entreprises (TPE, PME mais également micro-entreprises).
Concrètement, qu’est-ce que ça implique du côté de votre boutique en ligne ?
- Votre boutique en ligne vend aux particuliers (B2C) ou à l’international ?
Vous devez utiliser une PA à partir de septembre 2026 pour gérer vos factures. - Votre boutique en ligne ne vend qu’aux professionnels (B2B) et aucune vente à l’international ?
Vous devrez pouvoir émettre des factures électroniques à partir de septembre 2027.
Quoi qu’il en soit, PrestaShop ne doit plus générer les factures. PrestaShop ne jouera pas le rôle de PA, il ne doit plus gérer les factures.
Les 3 scénarios techniques pour se mettre en conformité
La mise en conformité ne se fait pas de la même façon selon votre organisation.
Tout dépend de l’endroit où votre facturation est pilotée : dans votre ERP ? Dans un logiciel comptable ? Directement depuis votre boutique en ligne ?
Scénario 1 : Vous avez un ERP
Si votre ERP gère votre facturation, c’est lui qui devient la source de vérité. C’est donc cet outil qui doit se connecter à la plateforme agréée (PA).
PrestaShop, lui, continue de gérer la vente, tandis que le connecteur PrestaShop ↔ ERP assure la bonne remontée des commandes, clients et données de facturation.
Le premier point à vérifier : votre ERP est-il déjà compatible avec la réforme ? Certains proposent déjà une connexion PA ou une certification en cours.
Attention aussi aux données remontées depuis la boutique : numéro de SIREN, TVA intracommunautaire, adresse de facturation complète, type de client B2B/B2C… si ces informations sont incomplètes, la conformité devient rapidement compliquée.
Nos ERP partenaires : OpenSI, DAFI / ITL, Odoo
Scénario 2 : Vous avez un outil de gestion commerciale ou comptable
Si vous avez un logiciel de gestion commerciale ou comptable, il faut l’interconnecter avec votre boutique en ligne PrestaShop. Un outil comme AtooNext par exemple, qui centralise les flux, prend un rôle clé dans la réforme.
Il s’intercale entre PrestaShop, votre logiciel comptable et la PA pour orchestrer les échanges : récupération des commandes, génération des données de facturation, transmission des informations et suivi des paiements.
Dans ce cas, il faut vérifier si votre connecteur prend bien en charge les formats réglementaires (Factur-X, UBL, CII), le e-reporting et la connexion avec une plateforme agréée.
C’est souvent la solution la plus souple pour les structures qui veulent éviter un projet ERP plus lourd.
Nos partenaires comptabilité ou connecteur : Atoo Next
Scénario 3 : Vous n’avez pas ou peu d’outils
Certaines entreprises génèrent les factures client avec PrestaShop. Dans ce cas, le chemin vers la conformité peut être plus simple, à condition que la base soit propre.
Il faut notamment vérifier les prérequis côté PrestaShop : données clients B2B complètes, numérotation des factures conforme, informations fiscales bien renseignées.
Cette approche peut suffire tant que les flux ne se complexifient pas trop (multi-boutiques, marketplaces, international, forte volumétrie), auquel cas ses limites apparaissent rapidement.
Nos partenaires en solution légère : Pennylane.
Les prérequis côté boutique PrestaShop à anticiper
Quel que soit votre scénario technique, une partie de la conformité se joue directement dans votre boutique PrestaShop. Avant même de parler ERP, PA, PDP ou connecteur, certaines bases doivent être solides.
Des données B2B complètes
Pour facturer correctement vos clients professionnels, certaines informations sont indispensables : SIREN, numéro de TVA intracommunautaire, raison sociale, forme juridique, adresse de facturation complète…
Si ces données ne sont pas bien collectées dès la commande, elles manqueront ensuite dans toute la chaîne de facturation.
Le bon module ou le bon développement
Selon votre stack technique, un module PrestaShop peut suffire… ou non. Certaines configurations nécessitent un développement spécifique pour assurer la bonne remontée des données, la compatibilité avec votre ERP ou la connexion à une PDP.
L’enjeu n’est pas seulement d’être conforme, mais d’éviter de casser vos flux existants.
FAQ
Qu’est-ce qu’une PDP et comment en choisir une ?
Une PDP (Plateforme de Dématérialisation Partenaire) est une plateforme agréée par l’État pour envoyer, recevoir et transmettre les factures électroniques ainsi que certaines données fiscales.
Pour bien la choisir, il faut surtout vérifier sa compatibilité avec vos outils existants (PrestaShop, ERP, logiciel comptable), sa capacité à gérer le e-reporting, le suivi des paiements et le volume de vos flux.
Chorus Pro suffit-il pour les entreprises privées ?
Non. Chorus Pro reste utilisé pour la facturation avec le secteur public, mais il ne remplace pas une PDP pour la réforme de la facture électronique entre entreprises privées.
Pour vos échanges B2B classiques, vous devrez passer par une plateforme agréée.
La réforme concerne-t-elle les ventes B2C ?
Oui, indirectement. Les ventes aux particuliers ne passent pas par l’e-invoicing, mais elles sont concernées par le e-reporting. Certaines données de transaction et d’encaissement devront donc être transmises à l’administration fiscale.
Un auto-entrepreneur est-il concerné ?
Oui, s’il exerce une activité professionnelle soumise au dispositif. Les micro-entreprises et auto-entrepreneurs sont concernés par la réforme, avec une obligation d’émission prévue à partir du 1er septembre 2027.
Ils devront aussi être capables de recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026.
Qu’est-ce que le e-reporting exactement ?
Le e-reporting consiste à transmettre à l’administration fiscale les données de vente et de paiement qui ne passent pas par la facture électronique obligatoire, notamment pour le B2C ou certaines opérations internationales.
L’objectif est de compléter la visibilité fiscale sur l’ensemble des transactions.
Qu’est-ce que l’e-invoicing ?
L’e-invoicing correspond à l’émission et à la réception de factures électroniques dans un format structuré, via une plateforme agréée. Contrairement à un simple PDF, ces factures sont directement exploitables par les systèmes et transmises automatiquement à l’administration fiscale.
Quelle est la différence entre un PDF et une facture électronique au sens légal ?
Un PDF classique est un document lisible par un humain, mais pas exploitable automatiquement par les systèmes.
Une vraie facture électronique contient des données structurées (comme Factur-X, UBL ou CII) qui permettent son traitement automatique, sa transmission via une plateforme agréée et sa conformité avec la réforme.